Emotions #2 – Que faire avec ses émotions ?

Ah les émotions ! J’ai déjà commencé à vous en parler ici  lors de la sortie du dessin animé Pixar Vice-Versa. Mais j’avais envie d’aller un peu plus loin.

Les émotions surviennent parfois sans prévenir, nous surprennent, nous paralysent, nous envahissent, nous submergent et on ne sait pas toujours quoi en faire. Elles peuvent engendrer tension, fatigue, confusion, etc

Elles sont universelles et en même temps tellement personnelles. Certains aiment les partager, d’autres voudraient les enterrer le plus profond possible.

Alors qui sont-elles exactement ? et à quoi servent-elles ?

Une émotion c’est quoi exactement?

Si on parle étymologie « émotion » vient du latin e (dérivé d’ex) qui marque la sortie, le point de départ et movere pouvoir, remuer, agiter.

Ça donne déjà une bonne idée, non ?!

J’ai tendance à la définir comme une réaction face à une situation.

L’émotion passe par le corps et peut être d’intensité très variable. Il s’agit d’une réaction intérieure face à une situation vécue ou observée. L’interprétation que nous faisons de cette situation, les pensées qui en découlent vont générer des réactions physiques et physiologiques (vers l’extérieur) visibles ou mesurables. Parmi ces réactions on peut citer l’augmentation du rythme cardiaque, tremblements, cris de joie, larmes etc.

« L’émotion est une réaction soudaine de tout notre organisme, avec des composantes physiologiques (notre corps), cognitives (notre esprit) et comportementales (nos actions) »
La force des émotions (François Lelord et Christophe André)

Contrairement au sentiment, l’émotion est de courte durée et elle nous prépare à agir.

Il existe toute une palette d’émotions. L’analyse transactionnelle définit 4 émotions principales dites émotions de base ou encore primaires :  la Peur, la Joie, la Colère, la Tristesse. Certains y ajoutent le dégoût (comme dans le film Vice Versa) ou encore la surprise.

Les autres émotions, dites émotions secondaires, sont des déclinaisons : La honte st par exemple un mélange de tristesse, de colère, et de peur.

Enfin, les émotions varient en intensité : la peur peut ainsi aller de la simple appréhension à la véritable terreur.

Le rôle des émotions ou devrais-je dire leS rôleS…

Je tiens à remettre les pendules à l’heure il n’y a pas d’émotion négative comme on l’entend souvent. Les émotions sont agréables ou désagréables, mais elles sont UTILES.

Elles nous permettent de nous adapter à notre environnement, de comprendre les autres et de satisfaire nos besoins.

Les émotions agréables sont liées à un besoin satisfait. On les accueille sans se poser de question puisqu’elles nous font du bien. C’est donc tout naturellement qu’on cherche à reproduire ce qui les déclenchent. Et c’est une bonne chose car ces émotions agréables nous aident bien évidemment à nous sentir bien, mais aussi à développer la confiance en soi.

Les émotions désagréables c’est autre chose. Celles-là on voudrait les faire taire, ne pas les ressentir. Mais elles sont là pour nous dire que quelque chose cloche.
En gros, elles sont comme les voyants du tableau de bord de votre voiture (impossible de me souvenir où j’ai lu cette métaphore, mais elle n’est pas de moi). Ok, il n’est pas très agréable d’avoir le voyant de liquide de frein de sa voiture qui s’allume…mais diriez-vous pour autant que ce voyant est négatif, qu’il est mauvais pour vous ou votre voiture ?
Bien au contraire il est là pour vous prévenir qu’il y a un souci ! C’est pareil pour les émotions désagréables.

Et en plus elles nous donnent la possibilité de faire face en mobilisant toute l’énergie nécessaire pour résoudre le problème.

Comme je l’ai écrit dans l’article A la rencontre de vos émotions (quoi ? vous ne l’avez pas encore lu ? ) les émotions sont étroitement liées au vécu, à l’histoire de la personne. Elles nous parlent de nous.
Par extension, comme elles sont une manifestation extérieure d’un état intérieur, on peut « voir » l’état émotionnel d’un interlocuteur, ce qui donne des indications pour mieux le comprendre (ce qui le blesse, l’attriste, lui fait plaisir etc).

 Ok les émotions sont utiles mais on s’en sert comment ?

Si un voyant s’allume sur le tableau de bord de votre voiture, (Quand on tient une bonne métaphore on la garde et on la retravaille à toutes les sauces…) vous faites quoi ?

  • Réponse 1 :
    Vous collez un sparadrap dessus pour ne plus le voir ?
    (comme Penny dans la série Big Bang Theory qui refuse de faire face au problème jusqu’à ce que son moteur lâche…. (petit clin d’œil aux fans de la série)
  • Réponse 2 :
    Vous cherchez à savoir ce qu’il indique et à faire les ajustements/réparations nécessaires ?
  • Réponse 3 :
    Vous débranchez l’ampoule du voyant ?

Indice : la bonne réponse est un chiffre pair  😉

C’est pareil pour les émotions…

Doit-on vraiment apprendre à gérer ses émotions ?

Je n’aime pas vraiment le mot « gérer »… c’est une affaire personnelle entre lui et moi. Il y a une idée de contrôle dans ce mot et j’ai fait un gros travail afin d’arrêter de vouloir tout contrôler ! Le but ici est plutôt de vivre en bonne intelligence avec ses émotions pas de les contrôler.

Quand survient une émotion désagréable telle que la peur, la colère ou la tristesse. On a tendance à vouloir s’en débarrasser. Ne pas l’exprimer et parfois même ne pas la ressentir !

Cependant lutter contre les émotions est une très mauvaise idée. Les émotions sont une fonction naturelle qui nous indique les besoins à combler au même titre que la soif. Plus on « étouffe » une émotion, plus on a de risque qu’elle revienne, encore plus puissante voire violente.

« c’est comme contrôler une envie de pisser : au bout d’un moment c’est le corps qui gagne et c’est pas joli-joli »
Sylvaine Pascual – Ithaque coaching

Il ne s’agit pas non plus d’exprimer son désarroi ou sa colère à tout va n’importe comment et avec n’importe qui ce qui pourrait lasser voire faire fuire l’entourage à la longue…

C’est tout le paradoxe de notre époque. Jongler entre la « nécessité » d’être socialement correct » et le besoin d’authenticité qui se fait de plus en plus ressentir.

Bon alors on les maîtrise ou on ne les maîtrise pas ses émotions ??

Il ne faut pas tout confondre. Il est important d’être connecté à ses émotions. Et c’est tout à fait compatible avec une bonne maîtrise de soi.

Et oui! Il ne s’agit pas de contrôler/maîtriser/gérer ses émotions, mais bel et bien la manifestation, l’expression de celles-ci : maîtriser nos réactions pour préserver les relations sociales.
Pour faire simple, on a le droit de ressentir de la colère mais on évite d’insulter ses collègues à tour de bras dès qu’ils font quelque chose qui nous froisse. Maîtrise de soi on vous a dit !

Le but est d’exprimer ses émotions de manière juste et respectueuse, de respecter les autres, tout en se respectant soi-même… tout un chemin à parcourir…

Alors mon émotion j’en fais quoi ?

Les mots clés : accueillir, reconnaître, entendre.

Il est important d’accueillir ces (ses) émotions, aussi désagréables soient-elles. Les reconnaître, dans les deux sens du terme ; c’est-à-dire les identifier et les accepter pour ce qu’elles sont, des messagers, des voyants rouges nécessaires au maintien d’un bon équilibre.

Il s’agit de se (re)connecter à ses émotions pour entendre leur message comme on sait qu’il faut boire quand on ressent la soif. Encore faut-il savoir identifier la sensation de soif…

Enfin il est important de redonner à chaque émotion sa juste place, ce n’est qu’une réaction passagère véhiculant un message, pour qu’aucune ne prenne le contrôle total de votre vie et de vos réactions.

Pour accueillir et reconnaître vos émotions vous pouvez commencer en vous posant les questions suivantes :

Quelles est l’émotion que je ressens? Est-ce que je peux la nommer ?
Comment se manifeste-elle ?
Que provoque-t-elle chez-moi ? Dans mon corps ? Et psychologiquement ?
Quelles sont les situations/les éléments déclencheurs ?

Cette simple observation de vos émotions lorsqu’elles surviennent (ou à la fin de la journée par exemple si c’est trop difficile sur le moment) permettra d’abaisser la charge émotionnelle et va vous aider petit à petit à accepter de les ressentir.

N’oubliez pas qu’elles sont là pour délivrer un message ! Vous pourrez par la suite vous atteler à la traduction de ce message… chaque chose en son temps !

A suivre : Quand les émotions s’emmêlent et Le sens cachés des émotions

En attendant, si vous voulez commencer à exprimer vos émotions autrement vous pouvez lire ceci :

  • La Communication Non Violente (CNV) pour exprimer ses émotions de manière respectueuse : j’ai trouvé un article très intéressant sur le site communication gagnante.
  • Pour aider à mettre des mots sur les émotions : la roue des émotions, un outil pédagogique pour mettre des mots sur les émotions pour enfants et les adultes

ALLER PLUS LOIN

Vous voulez comprendre vos émotions, aller plus loin dans l’exploration de vos fonctionnements? Tentez l’aventure du coaching. Pour tout renseignement, contactez Sabrina Guérin au 06 49 84 27 22 ou ici

4 réflexions au sujet de « Emotions #2 – Que faire avec ses émotions ? »

  1. A croire que c’est adressé directement à moi, à ma situation. C’est si clair, si percutant de vérité et en meme temps si difficile à gérer lorsqu’on y est confronté: patience et entrainement finiront par marcher. Merci pour ce message, un vrai guide.

    1. Merci beaucoup LN pour ce commentaire.
      Ravie que mes mots t’aient parlé.
      Vivre avec ses émotions n’est pas une chose aisée. D’abord parce qu’on ne nous a simplement pas appris et puis parce que, naturellement, on a envie de se sentir bien et d’en finir au plus vite avec tout ce qui nous semble désagréable.
      Je crois vraiment que le fait d’accepter que les émotions sont là pour une bonne raison est une première étape pour les vivre mieux.
      Et comme tu le dis c’est un entrainement, un apprentissage.
      Et je vois que pour toi le chemin est entamé alors bonne route 😀

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